VISAGES VILLAGES

VISAGES VILLAGES

VISAGES VILLAGES

Réalisateur(s) : Agnès Varda, JR
Acteur(s) : Sans acteurs connus
Genre(s) : Documentaire
Origine : France
Durée : 1h29
Synopsis : Agnès Varda et JR ont des points communs : passion et questionnement sur les images en général et plus précisément sur les lieux et les dispositifs pour les montrer, les partager, les exposer. Agnès a choisi le cinéma. JR a choisi de créer des galeries de photographies en plein air. Quand Agnès et JR se sont rencontrés en 2015, ils ont aussitôt eu envie de travailler ensemble, tourner un film en France, loin des villes, en voyage avec le camion photographique (et magique) de JR. Hasard des rencontres ou projets préparés, ils sont allés vers les autres, les ont écoutés, photographiés et parfois affichés. Le film raconte aussi l’histoire de leur amitié qui a grandi au cours du tournage, entre surprises et taquineries, en se riant des différences.

Depuis Les Glaneurs et la glaneuse et Les Plages d’Agnès, Agnès Varda excelle dans un genre bien à elle : le documentaire à la première personne en forme de balade à travers la France, une balade faisant de chaque rencontre avec des gens ordinaires une fête où se mêlent l’imprévu, la curiosité et l’empathie. Nouveauté de taille pour ce Visages, Villages : le « je » est devenu un « nous », puisque la cinéaste a décidé de composer cette promenade artistique avec le plasticien JR. Et ce duo inédit ne manque pas de charme dans sa capacité à s’emparer du quotidien, à fabriquer de la poésie avec trois fois rien. Agnès Varda et JR se mettent en scène, ils écrivent le film sous nos yeux d’une manière complice et ludique avec une bonne humeur et une confiance tout à fait communicative tant vis-à-vis de leurs protagonistes (qui se prêtent volontiers à leurs demandes les plus inattendues) que des spectateurs. Agnès Varda et JR « jouent » à faire un film, construisant une œuvre qui tient à la fois du portrait chinois, du rébus humaniste et du cadavre exquis. On sent bien que leur inspiration est à contre-courant de l’air du temps, de la vitesse, du vite fait, de la technologie. Ils préfèrent les petites routes et les petites gens, les villages, les lieux perdus (une bergerie) ou abandonnés (un blockhaus tombé sur la plage, une cité fantôme), les usines, les fermes. Tout en gardant une saine opposition à tout esprit passéiste. Grâce aux photos géantes collées de JR, ils donnent à des paysages, à des façades et à des personnes une nouvelle dimension, une nouvelle valeur, une dignité et même une fierté ou une majesté qui surprennent et séduisent à la fois. Un cinéma humaniste empli de poésie et de légèreté qui sait nous prendre par la main. ⎥ François Aymé

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