seul dans berlin

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seul dans berlin

Réalisateur(s) : Vincent Perez
Acteur(s) : Emma Thompson, Brendan Gleeson, Daniel Brühl
Genre(s) : Guerre
Origine : Allemagne, France, Grande Bretagne
Durée : 0h1
Synopsis : Berlin, 1940. La ville est paralysée par la peur. Otto et Anna Quangel, un couple d’ouvriers, vivent dans un quartier modeste où, comme le reste de la population, ils tentent de faire profil bas face au parti nazi. Mais lorsqu’ils apprennent que leur fils unique est mort au front, les Quangel décident d’entrer en résistance. Aux quatre coins de la ville, ils placent des messages anonymes critiquant Hitler et son régime. S’ils sont arrêtés, ils savent qu’ils seront exécutés… L’inspecteur Escherich de la Gestapo s’intéresse bientôt à leurs actions et c’est un redoutable jeu du chat et de la souris qui s’engage. Le danger ne fait que renforcer la détermination d’Otto et Anna et leur amour. Progressivement, leur rébellion silencieuse mais profonde transforme leur vie et leur mariage...

Ce n’est pas le premier film qu’on voit sur la résistance intérieure du peuple al- lemand à la dictature hitlérienne, mais ce qui différencie Seul dans Berlin de la Rose blanche (Michael Verhoeven, 1982) ou de Sophie Scholl, les derniers jours (Marc Rothemund, 2005), c’est que ses protagonistes n’appartiennent ni à l’intelligentsia ni à un réseau militant. Hans Fallada, l’auteur du livre éponyme publié en 1947 à Berlin-Est, s’est basé sur de véritables dos- siers de la Gestapo pour raconter la lutte souterraine de ce couple de prolétaires – ayant réel- lement existé – qui passe de la résignation à l’action. La mort du fils unique est le déclencheur d’une révolte qui peut sembler dérisoire dans son individualisme solitaire mais qui va redonner un sens à leur vie. Le film de Vincent Perez nous donne à voir ces deux humbles héros, ni par- ticulièrement instruits ni spécialement politisés, dans un Berlin qui transpire la peur. Face à Emma Thompson et Brendan Gleeson, magistraux de détermination tranquille, de tendresse et de tristesse infinies, le policier incarné par Daniel Brühl nous offre une subtile palette de sentiments : d’abord uniquement préoccupé par la traque, à l’ancienne, des deux fauteurs de troubles, on le sent gagné par l’humiliation et par le doute sur l’avenir du système auquel il appartient, sans conviction. Adaptation oblige, le film opère de larges coupes dans le foi- sonnant roman de Fallada, laissant dans l’ombre toute une galerie de personnages émouvants qui gravitent autour d’Otto et Anna, mais autant que participer à maintenir vivante la mémoire collective de cette sinistre époque, son plus grand mérite serait aussi de nous permettre de relire ou de découvrir le magnifique livre de Hans Fallada, que Primo Levi saluait comme «l’un des plus beaux sur la résistance allemande anti- nazie». ⎥ MICHELE HEDIN

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